|
Aide à la Gestion Intégrée des Ressources en Eau |
Développement des forages individuels : modélisation économique du comportement des ménages et application au niveau micro-régional |
|
Ce projet a été réalisé en collaboration avec le Cemagref (Unité de Recherche Irrigation à Montpellier) et avec l ’Ecole Nationale du Génie de l ’Eau et de l ’Environnement de Strasbourg (unité de recherche sur la gestion des services publics). |
| Responsable : J.D. Rinaudo | Contact : J.D. Rinaudo |
|
Accès direct aux rubriques de cette page : |
![]()
La stabilisation de la consommation d'eau des ménages observée depuis le début des année 90 après une période de forte croissance est souvent attribuée à la hausse régulière du prix moyen du mètre cube (7% par an en moyenne entre 1991 et 1997). En effet, l’élasticité prix de la demande domestique peut être significative : on estime ainsi qu'une augmentation du prix de 1% provoque une baisse de la consommation d'environ 0.23% (d'après une étude réalisée en Moselle).
Ces études ont toutefois occulté un autre effet induit par la hausse des prix de l’eau potable : l'utilisation de ressources de substitution à l’eau potable pour les usages n’exigeant pas une eau de qualité (arrosage des jardins, remplissage des piscines, alimentation des chasses d’eau). Certains ménages ont ainsi installé des citernes pour récupérer les eaux pluviales ou des forages individuels ; d’autres se sont connectés à des réseaux de distribution d’eau brute et en particulier aux réseaux d’irrigation.
- des difficultés de prévisions de la demande en eau potable et des investissements associés ; - un problème de santé publique (certains ménages utilisent l’eau brute pour la cuisine, l'hygiène corporelle et parfois même la boisson) ; - un problème de financement du fonctionnement du service d’eau potable et d’assainissement ; - des risques de pollution (la multiplication des forages individuels fragilise certains aquifères). |
Le BRGM et le Cemagref se sont associés pour entreprendre une action de recherche sur le phénomène de substitution d’eau brute à l’eau potable. Les travaux entrepris visent en particulier à montrer comment l’instrument tarifaire peut être utilisé pour maîtriser cette substitution. |
![]()
Située à une trentaine de kilomètres de l’agglomération Montpelliéraine, la moyenne vallée de l’Hérault est caractérisée par une très forte croissance démographique. Une population “ rurbaine ”, travaillant souvent à Montpellier, s’installe dans des pavillons individuels neufs, comprenant systématiquement un jardin dont l’arrosage est indispensable en été et souvent une piscine.
Gignac (4000 habitants) présente la particularité d’être traversée par un canal d’irrigation qui aujourd'hui alimente également les nouveaux logements construits à la périphérie de la commune. Environ 400 ménages sont aujourd’hui desservis en eau brute qu’ils utilisent pour l’arrosage des jardins et éventuellement le remplissage des piscines. Leur consommation en eau moyenne potable est inférieure de 35% à celle des quartiers non desservis. Globalement, la présence du canal d’irrigation permet de réaliser une économie d’eau potable de 6 à 12% de la consommation totale de la commune (soit de 15 000 à 30 000 m3 par an). Canet (2000 habitants), forte croissance démographique (5% par an). Existence d'un réseau d'eau brute (BRL) desservant une partie de la commune. De nombreux ménages (environ 60 cas recensés) ont investi dans un forage pour accéder à la nappe phréatique présente à une profondeur variant entre 5 et 10 mètres. Un nombre important de ces équipements individuels semble avoir été construit suite à l’augmentation du prix de l’eau potable survenue en 1994. |
|
||||
L'étude repose sur des enquêtes auprès des professionnels et des ménages destinées. Les comportements ainsi identifiés permettent de proposer un modèle économique. |
|||||
|
Cliquer sur les miniatures pour les agrandir |
|||||
![]()
|
||||||||
|
|
- Résultats : Les motivations des ménages pour recourir au forage individuel : souci d’économie (67%), possibilité d'augmenter la consommation d ’eau (plus de confort, agrandissement du jardin...), obtenir plus de pression (20%), assurer son autonomie, souci de ne pas gaspiller l ’eau potable. Les pratiques : L ’eau du forage est essentiellement utilisée pour des usages extérieurs comme l ’arrosage du jardin (différentes intensités), le remplissage de la piscine (systématique) et parfois pour des usages intérieurs. |
Principe : Le ménage évalue le seuil de rentabilité du forage (en terme de volume d'eau annuel). Si la consommation actuelle du ménage est supérieure à ce seuil, il fait installer le forage. Ce seuil dépend de la tarification locale de l'eau potable, de l'accessibilité de l'eau souterrainne, du coût de fonctionnement du forage...
Nous proposons la formalisation mathématique suivante pour calculer le volume d'eau annuel minimum que doit consommer un ménage pour que la création d'un forage soit une opération rentable :
|
![]()