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Aide à la Gestion Intégrée des Ressources en Eau

Développement des forages individuels : modélisation économique du comportement des ménages et application au niveau micro-régional

http://www.brgm.fr

      

Ce projet a été réalisé en collaboration avec le Cemagref (Unité de Recherche Irrigation à Montpellier) et avec l ’Ecole Nationale du Génie de l ’Eau et de l ’Environnement de Strasbourg (unité de recherche sur la gestion des services publics).

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Responsable : J.D. Rinaudo  

Contact : J.D. Rinaudo

Vous pouvez retrouver les principaux éléments présentés dans cette page dans la référence suivante :

Montginoul M. et JD Rinaudo (2002). IMPACT DE LA TARIFICATION SUR LES STRATEGIES DE CONSOMMATION ET D’APPROVISIONEMENT EN EAU DES MENAGES . Actes du colloque « eau et économie », 23 au 25 septembre 2002, Paris : Société Hydrotechnique de France.

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Problématique                                                                                                                                      

Plafonnement de la consommation en eau lié à la hausse de prix

La stabilisation de la consommation d'eau des ménages observée depuis le début des année 90 après une période de forte croissance est souvent attribuée à la hausse régulière du prix moyen du mètre cube (7% par an en moyenne entre 1991 et 1997). En effet, l’élasticité prix de la demande domestique peut être significative : on estime ainsi qu'une augmentation du prix de 1% provoque une baisse de la consommation d'environ 0.23% (d'après une étude réalisée en Moselle).

Utilisation de ressources alternatives

Ces études ont toutefois occulté un autre effet induit par la hausse des prix de l’eau potable : l'utilisation de ressources de substitution à l’eau potable pour les usages n’exigeant pas une eau de qualité (arrosage des jardins, remplissage des piscines, alimentation des chasses d’eau). Certains ménages ont ainsi installé des citernes pour récupérer les eaux pluviales ou des forages individuels ; d’autres se sont connectés à des réseaux de distribution d’eau brute et en particulier aux réseaux d’irrigation.
Conséquences pour les services publics et les collectivités territoriales

- des difficultés de prévisions de la demande en eau potable et des investissements associés ;

- un problème de santé publique (certains ménages utilisent l’eau brute pour la cuisine, l'hygiène corporelle et parfois même la boisson) ;

- un problème de financement du fonctionnement du service d’eau potable et d’assainissement ;

- des risques de pollution (la multiplication des forages individuels fragilise certains aquifères).

Le BRGM et le Cemagref se sont associés pour entreprendre une action de recherche sur le phénomène de substitution d’eau brute à l’eau potable. Les travaux entrepris visent en particulier à montrer comment l’instrument tarifaire peut être utilisé pour maîtriser cette substitution.

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Méthodes et étapes de travail                                                                                                             

Le terrain d'étude : la moyenne vallée de l'Hérault

Située à une trentaine de kilomètres de l’agglomération Montpelliéraine, la moyenne vallée de l’Hérault est caractérisée par une très forte croissance démographique. Une population “ rurbaine ”, travaillant souvent à Montpellier, s’installe dans des pavillons individuels neufs, comprenant systématiquement un jardin dont l’arrosage est indispensable en été et souvent une piscine.

Les communes sélectionnées pour l'étude de cas

Gignac (4000 habitants) présente la particularité d’être traversée par un canal d’irrigation qui aujourd'hui alimente également les nouveaux logements construits à la périphérie de la commune. Environ 400 ménages sont aujourd’hui desservis en eau brute qu’ils utilisent pour l’arrosage des jardins et éventuellement le remplissage des piscines. Leur consommation en eau moyenne potable est inférieure de 35% à celle des quartiers non desservis. Globalement, la présence du canal d’irrigation permet de réaliser une économie d’eau potable de 6 à 12% de la consommation totale de la commune (soit de 15 000 à 30 000 m3 par an).

Canet (2000 habitants), forte croissance démographique (5% par an). Existence d'un réseau d'eau brute (BRL) desservant une partie de la commune. De nombreux ménages (environ 60 cas recensés) ont investi dans un forage pour accéder à la nappe phréatique présente à une profondeur variant entre 5 et 10 mètres. Un nombre important de ces équipements individuels semble avoir été construit suite à l’augmentation du prix de l’eau potable survenue en 1994.

Localisation des communes de Canet et Gignac dans la moyenne vallée de l'Hérault

Evolution 1991-2000 du prix et de la consommation d'eau sur la commune de Canet Evolutions comparées des consommations d'eau de l'ensemble de la commune de Canet et des foyers disposant d'un forage individuels
Prix et consommation de l'eau (Canet) Détail consomamtion eau (Canet)

Méthodologie

L'étude repose sur des enquêtes auprès des professionnels et des ménages destinées. Les comportements ainsi identifiés permettent de proposer un modèle économique.

Méthodologie de l'étude

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Résultats des enquêtes                                                                                                                        

Enquêtes "professionnels"

- Déroulement de l’enquête : questionnaire semi-directif, entretiens en face-à-face d'une durée moyenne de 1h30. Nous avons rencontré 8 foreurs, 4 vendeurs pompes et 3 plombiers.

- Principaux enseignements : la décision de créer un forage est essentiellement motivée par un souci d’économie des ménages. La majeure partie des forages ne dépassent pas (20 mètres), mais les ménages n ’hésitent pas à forer jusqu ’à 50 - 60 m, voire parfois plus de 100 m. La période de retour sur investissment est de l ’ordre de 5 et 10 ans.  Toutes les catégories de ménages réalisent des forages. 

Enquêtes "ménages"

- Analyse des consommations en eau potable : recueil des chroniques de consommation d’eau (sur 10 ans) des abonnés, 53 anomalies repérées

- Echantillon : 28 ménages disposant d ’un puits ou forage, 6 raccordés à BRL et 19 ne disposant que de l ’eau de ville.

- Déroulement de l’enquête : Annoncée par un courrier joint à la facture d’eau de janvier 2002, elle s’est déroulée sur 2 mois : 55 ménages ont répondu (45 en face à face à leur domicile, les autres par téléphone), 24 ont refusé de répondre.

Zone pavillonnaire (Canet)

Forage individuel

- Résultats :

Les motivations des ménages pour recourir au forage individuel : souci d’économie (67%), possibilité d'augmenter la consommation d ’eau (plus de confort, agrandissement du jardin...), obtenir plus de pression (20%), assurer son autonomie,  souci de ne pas gaspiller l ’eau potable.

Les pratiques : L ’eau du forage est essentiellement utilisée pour des usages extérieurs comme l ’arrosage du jardin (différentes intensités), le remplissage de la piscine (systématique) et parfois pour des usages intérieurs.

Le modèle                                                                                                                                          

Principe : Le ménage évalue le seuil de rentabilité du forage (en terme de volume d'eau annuel). Si la consommation actuelle du ménage est supérieure à ce seuil, il fait installer le forage. Ce seuil dépend de la tarification locale de l'eau potable, de l'accessibilité de l'eau souterrainne, du coût de fonctionnement du forage...

Calcul du seuil de rentabilité : le casse-tête !

Nous proposons la formalisation mathématique suivante pour calculer le volume d'eau annuel minimum que doit consommer un ménage pour que la création d'un forage soit une opération rentable :

pp et pa = prix de l’eau en €/m3 pour l’eau potable et l’assainissement

n = profondeur de l’eau de la nappe

t = durée de l’amortissement prise en compte

k = coût linéaire de forage

h = coût de pompage par mètre de dénivelé

c = coût fixe de forage

Domaine de rentabilité du forage

 

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